





La nuit du 21 au 22 août, le centre de dépôt de fonds d'Aniche avait été la cible d'un violent braquage à l'explosif. : La Voix du Nord PAR JEAN-LUC ROCHAT
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PHOTO ARCHIVES ALEXIS CHRISTIAEN « Je fais ça pour éviter qu'il y ait un tué dans le personnel, les policiers ou parmi un passant. Je ne veux pas avoir ça sur la conscience. La décision n'a pas été facile à prendre mais on n'a pas le choix. » Jean-Pierre Denizart, propriétaire de DPS2, a décidé d'arrêter les frais. Sa société qui transporte et entrepose des fonds a été victime de deux casses, dont le dernier a été particulièrement violent, avec de nombreux tirs de la part des truands (nos éditions des 22 et 23 août).
Sans compter les attaques de plus petite intensité sur des véhicules banalisés de transport de fonds (trois en huit mois). Pour Jean-Pierre Denizart, la coupe est pleine.
DPS2, indique-t-il, est une sorte de mini-holding qui réunit une société de transport de fonds et une autre de comptage de fonds. En tout, ce sont soixante-dix salariés qui sont concernés, habitant tous, continue-t-il, dans un rayon de 20 km autour d'Aniche. Autrement dit une zone où le chômage est élevé. Le site d'Aniche - de loin le principal -, où a eu lieu le dernier braquage, employait cinquante-six de ces soixante-dix salariés.
C'est à un liquidateur judiciaire douaisien qu'a été confiée la tâche de fermer l'entreprise. Les salariés vont recevoir leurs lettres de licenciement qui vont partir sous peu. « Ils se doutaient qu'on arrêterait et certains sont au courant puisque j'ai eu une réunion avec une partie du personnel et une autre est prévue mercredi. De toute façon, depuis le 21 août, on ne travaille plus », souligne, amer, Jean-Pierre Denizart.
Maintenant que l'entreprise va fermer, son propriétaire confie ce qui pour lui est une certitude : « Les truands ont été renseignés par une ou plusieurs personnes travaillant à l'intérieur de la société. » Il va même jusqu'à employer le terme de « taupes ». C'est son intime conviction, même si rien aujourd'hui ne prouve que cette affirmation est fondée.
Nous n'avons pu joindre aucun syndicaliste pour qu'il donne son avis sur le licenciement et sur l'assertion de Jean-Pierre Denizart, qui ne fera sans doute pas plaisir aux salariés. Mais une chose est sûre : pour Denizart protection sécurité service, c'est fini.
Cette société avait été créée au début de l'année 2000. Elle s'est bien développée, à partir d'une simple activité de gardiennage. L'activité de transport de fonds emmenait les employés assez loin du Nord, puisque la dernière attaque dont a été victime un des véhicules de transport de fonds banalisés de l'entreprise s'est produite le 19 juin, sur un parking de la région parisienne.
Car entre les deux casses très médiatisés du 25 juillet 2007 et du 21 août 2008, portés à la une vu leur importance et leur violence (le second se distinguant particulièrement), trois véhicules de l'entreprise ont été braqués. Les deux derniers casses ayant eu lieu à deux jours d'intervalle, les 19 et 21 juin... On peut comprendre la lassitude de Jean-Pierre Denizart et les craintes qu'il expose.
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